Le milieu et les extrêmes
Comme une ‘bulle’ qui flotte sur un infini, telle est la raison scientifique. Sa cohérence sphérique occupe le vaste espace du milieu. Les extrêmes en sont exclus. Pourtant, il est impossible de les réduire au silence.

Quelle est la raison de la raison ? Une telle question prend la critique de court. Elle marque un arrêt impuissant car une telle question déborde le possible de la raison elle-même et ouvre un infini béant. Voici la raison saisie de vertige. Pourtant une telle question n’a rien d’irrationnel.
Chercher la raison est
pourtant un questionnement qui s’identifie à la raison elle-même. Pourquoi alors ce vertige impuissant ? La raison,
en effet, touche ici une antinomie radicale. Elle est questionnement de raison à l’infini, critique et critique de la critique à l’infini, possibilité conquérante ouverte à l’infini. En même temps l’ouverture infinie de son acte bute sur la clôture tautologique de son être-même: la raison de la raison c’est la raison. Il y a la raison. L’archè résiste à la naturelle clôture rationnelle. Comme son irréductible altérité. La raison de la raison. Mais aussi la raison de l’être. Et l’être de l’être...