Système

Pour comprendre les réalités vivantes il ne faut pas penser ‘structure’. Il faut penser ‘
système’. ‘Système vivant. Une ‘structure’, celle du cristal par exemple, tient dans la clôture de sa géométrie chimique. Un ‘système vivant’, par contre, ne survit que dans l’ouvert. Depuis ses formes les plus simples jusqu’aux plus complexes, de proche en proche en emboîtement interactif avec l’ensemble de la vie, avec l’ensemble de la ‘nature’, avec l’ensemble de l’écosystème, avec l’ensemble du cosmos. Ici les ‘contenus’ ne sont pas des ‘choses’ isolables. Ce sont des réalités vivantes. Organiques. En interdépendance. En inter-réaction. En interrelation. Impossible de soigner un organe sans soigner le corps tout entier et, surtout, sans soigner l’environnement de ce corps.

Le système ne renvoie pas à la partie élémentaire. Le système renvoie au système. Il y a comme un emboîtement interactif des systèmes des plus petits aux plus grands. Entre le plus petit micro-système possible et la totalité du macro-système cosmique, ‘un’ système est chaque fois un ensemble qui fonctionne à partir

d’autres ensembles dans un plus grand ensemble. Ainsi la nature: une solidarité de systèmes enchevêtrés, un tout polysystémique.

A chaque niveau systémique, il y a ainsi une entrée et une sortie en liaison interactive avec les entrées et les sorties des autres systèmes, englobés et englobants, pour l'incessant échange des flux d'alimentation, d'élimination, d'information, de régulation, de programmation...



Ecosystème. L'espace total de l'humain, la grande 'maison' – oïkos en grec – qui loge les systèmes de notre terre en unité interdépendante et en interaction s'appelle écosystème. L'oïkos total des systèmes. L’englobant système des systèmes.

Ecologie. L’écosystème appelle une écologie. C’est-à-dire le ‘logos’ invité en notre ‘oïkos’. C’est-à-dire la raison invitée en notre maison. Celle-ci vient lorsque nous prenons conscience que nos puits sont obstrués et nos sources polluées. Elle vient lorsque les flux énergétiques se font insuffisants et que les réservoirs se vident. Elle vient lorsque les éboueurs ne suffisent plus à la tâche. Elle vient lorsque nous nous sentons vivre au-dessus des possibilités d’approvisionnement et de recyclage de notre terre. Elle vient et nous force à réfléchir sur nos clôtures et nos nécessaires ouvertures.