Ecologie de la grâce
Le grand oïkos, la grande ‘maison’, appelle une vraie éco-logie. De toute la maison de l’humain et de la maison de tout l’humain . La tentation est permanente de ne considérer la maison de l’humain que dans son état de nature. Or elle n’est pleinement accomplie que dans son état de grâce.
Le péché contre l’écologie de la grâce. Il est identiquement péché contre l’Esprit. Un péché contre la vérité de notre condition humaine. Ce péché se confond avec le péché du monde. C’est, en effet, par péché que la nature se constitue en autonomie opposée à la grâce. Lorsqu’elle se boucle sur elle-même et qu’elle résiste à sa transparence. Lorsqu’elle refuse de se laisser transfigurer par la gloire des enfants de Dieu qui doit se révéler à travers elle. Lorsque l’humain se laisse prendre aux mirages de l’originel tentateur. Rompez la grande Alliance. Prenez votre autonomie. Bouclez votre monde sur lui-même. Devenez ‘maîtres et possesseurs’ de vos possibles. “Vous serez comme des dieux !”.
L’histoire, depuis, ne cesse de se le répéter à elle-même. Et cette redondance donne la clé de bien des mystère de notre état. Aux commencements il n’en avait pas été ainsi puisque tout débordait de la surabondance d’Agapè. Aux aboutissements il n’en sera pas ainsi puisque tout s’harmonisera dans le plérôme du Christ.
Notre ‘maison’ en état de grâce. Pourquoi l’humain n’arrive-t-il pas à se réconcilier avec l’humain ? Pourquoi toutes nos idéologies optimistes finissent-elles par se retrouver si lamentablement dans les poubelles de l’histoire ? Une réponse sans cesse insiste. Et elle est seule à résister à sa négation. Elle crie la raison de l’échec et l’urgence d’une conversion. L’humain n’est pas à partir de lui-même, clos en lui-même.
L’humain ne dispose pas de son ultime englobant. Il est à partir de... Toujours, déjà, à partir de... A partir de l’Autre. Nous n’existons authentiquement ‘humains’ que dans une maison en état de grâce. Cet englobant de notre maison est Dieu lui-même. Il s’identifie à Agapè.