Les niveaux d'éros
Contrairement à l'animal, le monde humain — l'anthroposphère — se trouve à cheval entre la biosphère et la noosphère. La différence de potentiel de son Eros, joue ainsi à la fois à trois niveaux qu'on peut évoquer schématiquement.
Le niveau instinctuel. Avec ses tendances et ses exigences spécifiques. La survie (struggle for life, défense, fuite...). Les besoins vitaux (soif, faim, sexe...). Les liens du sang (espèce, communauté, groupe, horde...). La défense du territoire (terrier, nid, couvée, réserves...). L'agressivité (menace, agression, peur, liberté...). La rivalité (force, domination, mimétisme...). La charge et le retentissement émotionnels.
Le niveau noologique. Il s'agit d'une part du niveau `instinctuel' repris à travers l'idée, le discernement, la symbolique, les modèles, l'idéal, l'exigence normative, la sublimation... D'autre part des valeurs spécifiquement humaines comme le droit, le devoir, l'être, l'avoir, l'honneur, la puissance, la gloire, l'intérêt, la Patrie, le sens, la protestation, la révolte, le défi, le dépassement.
Le niveau pneumatologique. Il s'agit des niveaux `instinctuel' et `noologique' précédents en tant qu'ex-posés à la transcendance. Avec des exposantes comme Dieu, l'Absolu, le sacré, la personne, le sens du sens, ce qui vaut plus que la vie, ce qui est plus grand que tout le reste.