D'où peut venir l'idée de 'progrès' ?

Le progrès implique une double possibilité, à savoir une dynamique de dépassement et une rationalité articulatoire. Les deux lui viennent de cette double hérédité sans laquelle l’Occident est impensable. La maternelle composante lui apporte la rationalité scientifique et technologique. L’exposante judéo-chrétienne le dote de la dynamique de transcendance.

Science et technique peuvent certes croître par elles-mêmes, selon la logique qui veut qu’une découverte en entraîne une autre et s’ajoute à elle, l’ensemble, au fil du temps, ne pouvant que grandir et se développer. Mais derrière l’idée de
progrès il y a beaucoup plus qu’une simple croissance accumulative, si impressionnante soit-elle. Il y a une dynamique. Une dynamique faite d’exigence de dépassement infini, d’énergie volontaire pour transformer les choses et les événements, de projet historique qui casse l’éternel retour, de volonté de conquête, d’incessante ouverture sur la nouveauté... Cette dynamique de ‘progrès’ au sens premier du mot, c’est-à-dire le refus de s’installer et la marche en avant vers la conquête d’une terre promise, où la trouver sinon dans la Bible ?

Dans l’espace judéo-chrétien, le ‘progrès’ se déployait d’abord à la verticale. Même lorsqu’il touchait aux choses les plus terrestres. Nous l’avons logé dans l’horizontale. La dynamique jouait en
alliance
. Cette dynamique reste même lorsque l’alliance est rompue.