Ces lendemains qui ne chantent pas

Ils devaient chanter pourtant ! Nous savons aujourd’hui
pourquoi ils ne chantent pas. Nous savons aujourd’hui pourquoi nos euphories progressistes sont piégées. Nous affrontons un impossible. Non pas pour des raisons idéologiques. Non pas pour des raisons épistémologiques. Mais pour des raisons scientifiques.

Ces raisons, nous les connaissons déjà à partir de notre approche
systémique. C’est elle qui fournit la clé de lecture de cet impossible.

Les possibilités d'entrée, de sortie et d'expansion du système de l'outil exponentiel ne sont pas infinies mais finies. Elles rencontrent inexorablement une limite. Celle d'un
système plus englobant qui est lui-même réfractaire à l'exponentialité à savoir l'écosystème. Le système exponentiel ne fonctionne que dans les limites de l'écosystème de `notre terre'. Le possible physique de notre univers ne peut pas contenir une croissance quantitativement accumulative en `progrès' infini. Quelque part il y a une rencontre catastrophique. Lorsque l'exponentielle heurte la limite du possible.

Ce n'est que pour un temps seulement que le système fermé peut ainsi se donner l'illusion de tourner quand même. Parce que les élans se prolongent par inertie cinétique. Parce que les réservoirs ne sont pas encore vides. Parce qu'il reste les prophètes et les témoins d'ailleurs. Mais inexorablement joue l'
entropie. Mortelle.

Les poubelles de l’histoire

On les croyait destinées aux hérétiques de la religion progressiste et aux contestataires de son ‘indépassable’ espérance humaine. C’est le marxisme lui-même qui a fini par s’y décomposer lamentablement. Pouvait-il en être autrement ? ‘Intrinsèquement pervers’ l’avait déclaré une voix prophétique. Seul les ricanements de la meute ‘éclairée’ lui répondaient alors. Cinquante ans après ils se taisent honteusement. La ‘lucidité’ de notre modernité n’a pas fini de digérer – et comment le pourrait-elle ? – une si monstrueuse méprise.