Combinatoire
La formule de l’eau, H-O-H, donne la loi de construction de la molécule d’eau à partir d’éléments dits corps ‘simples’, l’hydrogène (H) et l’oxygène (O). Tout ce qui existe matériellement dans le vaste univers, les milliards et les milliards de composés, qu’ils soient réels ou simplement possibles, ne sont jamais que des construits à partir des 103 sortes d’éléments que recense la chimie moderne.
Une telle possibilité combinatoire est une chose merveilleuse. Grâce à elle les éléments, loin d’être clos sur eux-mêmes, peuvent entrer en liaison, en rapport, en synthèse de nouvelle structure. Leur indéfinie COMBINAISON produit l’indéfinie multiplicité des choses concrètes existant dans la nature ou créées artificiellement par l’homme. Tous les corps, tous les êtres physiques de l’univers, la nature tout entière sont ainsi comme des mots, des phrases, un texte gigantesque, écrits à partir d’un alphabet de 103 signes. L’examen du tableau de la classification périodique des éléments, successeur de celui que Mendéleiev dressait dès 1869 avec les 92 éléments alors connus, peut apporter des joies proches de celles de la contemplation. Comprendre l’écriture de la Création !
Donc un petit nombre d’éléments est suffisant pour combiner un infini multiple et complexe. Quelques dizaines de sons élémentaires produits par l’appareil phonateur humain suffisent pour articuler toutes les langues du monde et produire tout ce que tous les hommes ont jamais dit ou diront ! Les dix signes numériques suffisent pour composer l’infini des nombres. Les 26 lettres de l’alphabet latin, quelques accents et quelques signes de ponctuation suffisent pour composer tous les textes passés, présents et futurs de toute l’humanité.
La soixantaine de touches du clavier d’un ordinateur... Encore s’agit-il là d’une luxueuse concession à la commodité humaine puisque ce même clavier transcrit à l’usage de la machine qui, elle, fonctionne en ‘binaire’, le résultat de ces quelques touches avec seulement deux signes différents qu’on peut traduire numériquement par ‘0’ et ‘1’, logiquement par ‘oui’ et ‘non’, électroniquement par ‘0 V’" et ‘+ 5 V’. Deux signes différents au minimum sont nécessaires. Mais deux sont suffisants pour tout dire et pour tout composer.
