Alters ?



'Alters' comme le préfixe qui, spécialement en notre temps, veut marquer au superlatif tel ou tel mouvement d'idées ou d'action. `Alter-mondialistes', par exemple, ou `alter-consommateurs'. En général il s'agit d'être l'alter de ceci ou de cela.

Ici il est question d'
alters tout court. D'Alters au sens absolu.

Où trouver ces Alters absolus ?

Le fait d'être 'autre' peut exister à de variables degrés. De la simple originalité vestimentaire ou du simple non-conformisme à une 'altérité' beaucoup plus radicale. Une telle radicalité se mesure incontestablement à la profondeur des enjeux existentiels de l'humain. Elle se mesure aussi à travers la différence d'avec ce qu'elle n'est pas.

Les Alters absolus ne se trouvent pas au 'milieu'. Ils prennent sens vers les 'extrêmes'. Du côté des limites et au-delà. En rupture avec l'ordre du même qui tend à boucler sa clôture sur elle-même ils s'ex-posent dans l'altérité. Hors des plénitudes immanentes. Ouverts à la transcendance.

Sans doute, à travers la vaste Histoire de notre monde, n'a-t-il jamais existé qu'une seule espèce de tels 'Alters' absolus. Très certainement, ne peut-il jamais en exister d'autres. A savoir les incroyables aventuriers du Tout-Autre.


 


Révélation

Un voile se déchire. Un mystère se révèle. L’Autre vient. L’
autre qui vient bousculer le même pour le pro-voquer et le mettre en question. Le
prophète est son héraut. Dans la tension entre fini et infini, le sans-forme peut ainsi prendre forme. Le sans-image trouve son ‘icône’. Le Tout-Autre peut dire sa proximité...

Les Alters judéo-chrétiens

Au cœur du paganisme régnant, la différence judéo-chrétienne a immédiatement crié sa pertinence. Vingt siècles après, même à travers des accomodements saisonniers, elle n'a rien perdu de son altérité. Au contraire!

Les Alters judéo-chrétiens représentent d'emblée l'absolue antithèse de la paganité.
Nous parlons d’antithèse 'judéo-chrétienne'... mais sans oublier que le trait d’union est lui-même lourd de tension dialectique. Le christianisme est inséparable du judaïsme comme la couronne de l’arbre de ses racines. Le chrétien, ‘spirituellement un sémite’, selon la forte expression de Pie XI. En continuité avec le judaïsme. Mais en rupture aussi. En continuité ET en rupture. En assomption ET en dépassement. Dialectiquement.

En continuité et en rupture dialectique surtout avec le paganisme ! Le chrétien, en effet, est 'naturellement’ un païen... Depuis sa naissance. Une ‘nature’ à affronter, à mettre en question, à convertir, à baptiser... Chrétien, il ne peut que le devenir ensuite. Il le devient
contre le païen qu’il est au départ !





Criant la différence

Ma parole et mon message n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse; c'était une démonstration d'Esprit et de puissance, pour que votre foi reposât, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. Pourtant c'est bien d'une sagesse que nous parlons parmi les parfaits, mais non d'une sagesse de ce monde ni des princes de ce monde, voués à la destruction. Ce dont nous parlons, au contraire, c'est d'une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée, celle que, dès avant les siècles, Dieu a par avance destinée pour notre gloire, celle qu'aucun des princes de ce monde n'a connue.

L'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge. Mais l'homme qui est animé par l'Esprit juge de tout, et lui ne peut être jugé par personne.
Saint Paul, 1 Corinthiens (2:4-15).

Le langage de la croix est en effet folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.

Dieu a frappé de folie la sagesse du monde! Au moyen de sa propre sagesse, en effet, le monde a été incapable de reconnaître Dieu. C'est donc par la folie du message que j'annonce qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants. Les Juifs, eux, réclament des signes et les Grecs recherchent la sagesse, mais nous, nous proclamons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

Ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.
Saint Paul, 1 Corinthiens (1:18-29).



 


Une transmutation de toutes les valeurs antiques

Faut-il être anti-chrétien pour le comprendre réellement ? Ainsi Nietzsche dans ’Jenseits von Gut und Böse’
(3,46). “Les hommes des temps modernes dont l’intelligence est si émoussée qu’elle ne comprend plus le sens du langage chrétien ne sentent même plus ce qu’il y avait d’épouvantable pour un esprit antique dans la formule paradoxale: ‘Dieu crucifié’. Jamais dans une conversion, il n’y eut rien d’aussi hardi, rien d’aussi terrible, rien qui mît tout en question et posât tant de questions. Cette formule annonçait une transmutation de toutes les valeurs antiques.

Entre petit nombre et universalisme

Les 'alters', quels qu'ils soient, sont par principe minoritaires. Les études statistiques en sociologie sont là pour le confirmer. L'exception est plus restreinte que la règle. Le gros centre de la courbe de Gauss s'éfile aux extrêmes.

L'infinie exigence du christianisme semble le réserver à une élité. Pourtant la foi chrétienne s'est d'emblée affirmée hors des sacristies et des chapelles. Universelle. Catholique. Aux antipodes de toute 'secte', le christianisme manifeste sa mission à la face de l'univers. L'Evangile doit être annoncé à tous les peuples. Tous les hommes sont pricipiellement sauvés. Par-delà les races, les peuples et les nations, le monde entier est appelé dans le Royaume de Dieu. Les croyants ont à être le sel de la
terre et la lumière du monde.

Certes, “beaucoup sont appelés”. En même temps Jésus insiste sur le “peu d'élus” et sur la “porte étroite”. Et, de fait, l'infinie exigence évangélique est telle qu'elle semble largement dépasser les capacités du grand nombre. La foi chrétienne se trouve ainsi tiraillée entre une double polarité, celle d'un `universalisme' et celle d'un `élitisme'.
De droit, le christianisme est universel. De fait, la difficulté d'être chrétien semble le réserver à des troupes d'élite.

La tension entre le “grand nombre d'appelés” et le “petit nombre d'élus” est de nature dialectique. Ainsi chacune des deux polarités antithétiques provoque l'autre à son dépassement. Elles se dépassent toutes les deux dans l'aventure eschatologique qui ouvre l'espace de notre liberté.
Déjà le salut est advenu à tous. En même temps il n'est pas encore achevé.

La chance de l’autre

Les faits convergent nombreux. L’
autre est chance. Et c’est l’homme qui la saisit. Déjà il y a la reproduction sexuée qui permet l’engendrement d’une infinie diversité. Ces chances de l’autre ne font encore que précéder celles, beaucoup plus nombreuses encore, qui viendront de la sexualité devenue humaine. Sans oublier celles qui tiennent à la naissance prématurée et à la malléabilité d’une structure toujours inachevée. Plus merveilleuses encore toutes ces chances données par la parole et ses possibilités culturelles permettant la création d’altérité pratiquement infinie. Et que dire de la temporalité historique qui, en situant l’homme dans l’ailleurs du maintenant, l’expose, à travers incertitude et risque, à l’aventure des rencontres.

Ces chances de l’autre sont identiquement chances du même. Puisque sans rencontre de l’autre, le même ne peut que rester moins que lui-même. Aucune nouveauté ne surgit du même solitaire. Il n’existe pas de culture humaine qui ne commence après une rencontre de grande différence. Notre Occident s’explique-t-il autrement ?



 



 


 


Alliance

Un chrétien n'existe que compromis dans la geste historique de l'Alliance avec son Dieu. Sans cette Histoire sainte, sans la Révélation historique, sans la communauté historique de la foi, de l'espérance et de la charité qu'est l'Eglise, il peut y avoir toutes les ‘gnoses’ qu'on voudra, mais il n'y a pas véritablement existence chrétienne. Le rapport subjectif de l'âme avec Dieu n'est chrétien que dans la mesure où il vient non pas avant cette Histoire mais après, et en dépendance avec elle.

Il ne peut y avoir de mystique chrétienne qui ne soit celle de l'aventure historique de la grâce avec son mystère de la Création, de l'Alliance, de l'Incarnation et de la Rédemption.

Appelé à courir cette aventure: l'homme libre. Non pas fatale parcelle de Dieu, non pas particule divine en orbite autour de l'Absolu, mais existence créée de rien par grâce, nouvelle origine autonome surgie dans l'Histoire, personne en réciprocité personnelle avec le Père. Créé créateur à l'image et à la ressemblance de Dieu, l'homme dispose d'un champ de décision et d'action indéfini, où l'agir divin n'écrase pas son agir et où le vouloir divin n'est pas le destin de son vouloir. C'est là qu'en verticale alliance l'homme est responsable de promotion d'humanité. C'est en ce champ et non pas dans la fuite que se font les semailles et les moissons pour la vie éternelle.

La joie de Dieu surabonde dans l'engendrement. Il trouve ses délices dans le débordement de la famille trinitaire. Aussi l'homme est-il appelé fils de Dieu. Fils non par nature mais par alliance et par grâce. Dans l'Esprit. Avec le Fils unique, par Lui et en Lui.

Lorsque, en Christ, par le mystère de l'Incarnation, le Fils de Dieu s'identifie aussi absolument avec le Fils de l'Homme, la condition humaine connaît sa radicale mutation. En rupture avec sa ‘naturelle’ paganité, en rupture avec toute possible compréhension, s'ouvre, la condition nouvelle des enfants du Royaume.

Miracle d'Agapè ! Transfiguration de toute la réalité humaine et transmutation de toutes les valeurs. Le Fils de Dieu, en s'incarnant, se livre à l' ‘impure’ prolifération charnelle, et du coup la revêt de la gloire divine. Le Verbe, en s'incarnant, se compromet avec la parole des hommes, et par là lui permet de n'être pas indigne du mystère de Dieu.

Jésus, devenu en tout semblable à l'homme, excepté le péché, manifeste corporellement la miséricorde de Dieu. Le Fils de l'Homme, en son incarnation, confond la ‘sagesse’ par la folie de la croix. Le mal, non plus évacué par négation, non plus contourné par fuite, non plus occulté par illumination, mais assumé dans toute l'épaisseur de son scandale. Car Dieu ne joue pas avec le mal. La gravité du mal l'affecte infiniment.

Ce mal qui n'est pas d'abord éparpillement de multiplicité, ni complication de matière, ni défectuosité de construction, ni confusion ontologique, ni défaillance mécanique, ni fatalité cosmique, mais, en ses ultimes profondeurs, refus de l'Amour, ce mal ne peut mourir que crucifié avec Agapè.



Pourquoi est-il si difficile pour un chrétien  
d'épouser notre monde sans réserve et sans réticence ?


Cela vient certainement de quelque chose de plus fondamental qu'une simple inadéquation d'ordre idéologique. Cela doit tenir à une protestation intérieure. Un `non' venant des profondeurs de notre liberté en alliance. Nous sentons bien que si nous venions à refouler ce `non', nous nous refoulerions en même temps nous-mêmes. Nous gagnerions peut-être un monde, mais nous perdrions notre âme.

Les raisons très profondes de notre difficulté, aujourd'hui, tiennent à la `génétique' même de notre monde moderne occidental. Cette longue étreinte dialectique entre notre mère païenne et notre père judéo-chrétien. Nous l'avons étudiée amplement par ailleurs — en particulier le volume IV de notre site `meta-noia.org' — sans qu'il soit nécessaire ici de remonter aussi loin. Nous nous en tiendrons donc plus spécialement aux difficultés telles qu'elles jouent aujourd'hui en notre monde occidental.



Exode


Le but de nos buts est en
exode. Les choses très importantes pour nous ne sont-elles pas toujours exposées à l’incertitude et au risque ? Vivre. Mourir. Aimer. Créer. Entreprendre. Engendrer... Comme si l’essentiel devait se jouer aux limites où notre ‘même’ ne peut que se rendre à l’autre du mystère qui nous porte.

L’exode te fait quitter l’espace du
même pour courir l’aventure du côté de l’autre. Non pas l’autre comme simple ‘catégorie’ abstraite inoffensive encore prisonnière de la sphère du même. Mais l’autre comme autre avec tout ce que cela a d’indigeste. L’autre qui fait bande à part et refuse de se laisser apprivoiser. L’autre qui refuse d’entrer dans le cercle de la compréhension. L’autre qui dérange. Il lui arrive de se manifester tantôt dans le registre euphorique tantôt dans celui de la catastrophe. De trop et déconcertant. L’autre qui comble ou l’autre qui crucifie. Naissance ou mort. Echec ou réussite. Joie ou peine. Péché ou grâce... Au beau milieu de nos établissements l’autre ne cesse de faire irruption sous les espèces de l’inédit, de l’imprévu, de la surprise, de la rencontre, de l’accident, de la ‘chance’ ou de la ‘malchance’.

Prophétique


Notre monde, aujourd’hui, ne risque-t-il pas d’oublier ses dimensions véritables et de perdre ses repères ? A moins que ne se lèvent des prophètes qui témoignent de l’essentiel.

Un être humain, dans la mesure où il est centré sur l’absolu et vit du souffle de l’Esprit, ne peut pas ne pas être signe
prophétique.

Le prophète n’est pas d’abord celui qui ‘prédit’ l’avenir. Etre prophète c’est mettre en lumière. C’est dégager le sens profond des choses. C’est jeter un nouvel éclairage sur le présent et le futur. C’est faire l’expérience vivante de l’
Autre
et d’en témoigner.

Relégués dans l'insignifiance

Vous n'avez rien à dire sur la place publique. Restez dans votre sacristie. Loin de la scène où se jouent les pertinences. Voilà ce qu'
on ne cesse de faire entendre aux chrétiens. Il fut un temps où cet ostracisme conduisait aux galères ou sous la guillotine. Aujourd'hui on se veut plus 'civilisé'. On laisse remiser la foi chrétienne dans le 'privé'. Derrière cette proscription qui refuse son nom, il faut soupçonner un mouvement irrationnel. Quelque chose, entre conscience et inconscient, comme un refoulement. Ce qui est indifférent n'est pas refoulé. Plus grande est la différence, plus grand risque donc d'être le refoulement.

Ce subtil refoulement ne peut exister que sur fond d'obscure culpabilité. On ne refoule pas l'agréable. On refoule ce qui gêne. Or le christianisme est suprêmement gênant, aujourd'hui plus que jamais. Car, témoin de la verticale
ouverture, il représente, qu'on le veuille ou non, la critique la plus pertinente de l'enfermement de notre modernité et la dénonciation la plus radicale de l'obscurantisme de cet enfermement.

Le christianisme est donc refoulé comme on refoule une mauvaise conscience. Mais face au refoulement d'un mensonge inconscient, où trouver le salut sinon dans la Lumière ?

Face au débilement 'correct'

Derrière l’infini du dire qui surabonde dans chaque espace culturel se tient
un Discours aux prétentions totalitaires. Le Discours dominant. Un Discours derrière les discours. Le grand ‘souffleur’ de nos mises en scène. L’esprit du temps. C’est lui qui dicte ce qui est sortable et ce qui ne l’est pas, ce qui est ‘correct’ et ce qui ne l’est pas. Il ne s’explicite que très rarement et pourtant il est omniprésent. Le non-dit est son expression habituelle. Le ‘on’ est son empire. Il ne prolifère que derrière les démissions personnelles. Les medias lui fournissent l’orchestration et lui assurent l’amplification et la résonance. L’Audimat le dynamise.

Notre espace culturel, c'est-à-dire notre espace d'humanité, s'est progressivement fermé sur lui-même,débarrassé de sa dimension verticale. Le moins que l'on puisse dire c'est que le contexte spirituel de notre temps n'est plus à la foi. Déclin des absolue. Perte des repères. Relativité généralisée. Eclatement des croyances. Pluralisme des référentiels. Bouleversement des institutions. Temps d’incertitude. Désenchantement. La foi se trouve marginalisée sinon éradiquée. Elle n’a plus sa place dans le culturellement ‘correct’. Les valeurs viennent d’ailleurs. D’autres modèles ont cours. Les medias ne retiennent de la foi que l’accessoire futile.  La vie publique est devenue de plus en plus hermétique à la présence chrétienne. Le Discours dominant avec ses Maîtres penseurs fait le silence sur ce qui n'a plus sa place dans l'idéologiquement `correct'.

Cependant...


Ils existent les Alters qui ne peuvent pas ne pas penser ‘contre’. Dialectiquement. Contre les enfermements de la caverne. Contre les gourous du Discours dominant. Contre les Maîtres penseurs de l’absurde. Contre les modes. Contre les bigoteries de gauche ou de droite. Bref, contre les débilités du ‘correct’ sous toutes les formes...


Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Vous êtes la lumière du monde. On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau.  
(Matthieu 5,13-15) Le constat de Jésus est obvie. La terre est insipide. Non pas, certes, en elle-même mais par manque de sel. Le monde est obscur. Non pas en lui-même mais par manque de lumière.

Vous êtes le sel de la terre. Le sel ? Peut-il être autre chose que la saveur qui empêche la terre de devenir insipide ? Saveur ou sapience, c'est-à-dire le sens qui donne sens face au non-sens, face à l'absurde, face à la désespérance. Et c'est aux disciples du Christ, c'est-à-dire aux chrétiens, qu'est confiée cette mission. Quelle prétention ! Oui, à moins que le sel n'ait commencé par les saler eux-mêmes. Car le sens du sens ne leur advient que par don gratuit. Ils ne sont pas les producteurs mais les porteurs d'une donation qui vient d'ailleurs et qui en même temps les dépasse. Ils sont dépositaires d'une exigeante mission sur terre. Ce sel, entre leurs mains, risque aussi de se dégrader. Si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ?

Vous êtes la lumière du monde.
Cela ne veut pas dire: vous êtes lumineux ! La lumière dont vous êtes témoins et porteurs n'est pas votre lumière. Elle vient d'ailleurs. Vous ne la faites briller qu'à travers la transparence de votre humilité. Mais ne la cachez pas. On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau.