Auteur


Gérard Eschbach, prêtre, dominicain, de nationalité française, docteur en philosophie, lecteur et licencié en théologie, licencié ès lettres, du couvent saint Jacques à Paris.

L’auteur est chez lui dans notre vaste monde. Il a œuvré, durant de longues années, aussi bien en Afrique qu’en Europe et en Amérique. Un certain nombre de voyages d’étude l’ont, par ailleurs, mis en contact avec l’Asie et l’Australie.

Voici les principaux thèmes qui n’ont cessé, durant plus de quarante ans, de stimuler sa réflexion: Foi et athéismes. Rencontre des cultures. Anthropologie chrétienne. Modernité et post-modernité. La mystique et les mystiques.

L’auteur est conscient qu’il a plus appris sur sa condition d’occidental hors de l’Europe qu’en son sein, et qu’immenses sont les chances de la rencontre de différences.

A ce propos, il souligne combien son expérience africaine a été déterminante. Durant plus de dix ans en effet, entre 1969 et 1980, il a dirigé le CERC (Centre d’Etudes et de Recherches Chrétiennes) à Brazzaville. A travers séminaires, cours publics, conférences et publications, ce fut la merveilleuse rencontre avec des centaines et des centaines d’esprits avides de partager une autre parole que celle de l’idéologie alors régnante. Etonnante expérience que celle d’un espace de liberté où se respirait si intensément le ‘sens’ de l’humain.


  Le petit enfant en toi


Le petit garçon de deux à quatre ans ne cesse de m’accompagner jour après jour pour partager avec moi ses enthousiasmes. Que deviendrais-je sans lui ?

L’année 2000 ne se profilait au très lointain horizon du petit garçon qu’enveloppée de mystère et d’incertitude. Est-il même possible que tu puisses vivre aussi vieux ? Et comment sera le monde alors ? Eh bien c’est arrivé. L’an 2000 se termine. Le petit garçon va avoir 70 ans dans moins de quatre semaines...

Me laisserais-je soudain prendre par un faible pour les anniversaires dont j’ai toujours eu horreur ? Du tout ! C’est du petit garçon que je voudrais me rappeler. Le petit que je n’ai jamais cessé d’être. Un petit au milieu de la ‘sainte marmaille’ qui, chaque année, hante mes lettres de Noël.

Uniquement le tout-petit. Celui de deux à quatre ans. Avant deux ans, il ne reste à la mémoire que des impressions fugitives, difficilement repérables. Après quatre, la vie se met sur les rails de la scolarité, des contraintes et des nécessités de l’existence. C’est l’entre-deux qui m’intéresse ici.

Le souvenir, chez moi, se partage de façon inégale entre deux espaces différents de la mémoire. L’espace de la sécurité et celui de l’aventure. Le premier, celui de la ‘Geborgenheit’ comme diraient les Allemands, comprend le monde immunisé de ce qui est ‘normal’ et va comme naturellement de soi. Les parents, les visages familiers, les habitudes quotidiennes, l’affection partagée, la chaleur du foyer... Toutes ces réalités, bien que demeurant très présentes, perdent de leur précision et s’estompent jusqu’à se confondre avec leur toile de fond d’enfant heureux. L’autre, l’espace de l’aventure, déborde de faits étonnement clairs et distincts. C’est le seul dont je puis réellement parler.

Deux à quatre ans... L’âge de l’absolue liberté. Le bipède, enfin debout, marche et part à l’aventure. Tu explores. Tu découvres. Tu questionnes. Tu entreprends. Tu es enfin ‘toi’. Temps merveilleux où un infini s’ouvre et où, très certainement, l’essentiel se décide dans la vie d’un homme.

Le souvenir a besoin de repères. Les coordonnées, pour moi, sont depuis toujours essentiellement d’ordre spatial. C’est précisément au cours de l’été de mes 4 ans qu’un événement marque fortement la frontière entre un ‘avant’ et un ‘après’. Un petit kilomètre de déplacement de mon espace. Le déménagement de la rue Liebermann à la rue Saint Georges, dans notre petite ville de Molsheim en Alsace, paisible cité médiévale qui, avant la Révolution française, avait connu son heure de gloire dont témoignent toujours les vestiges des couvents, de la chartreuse, de l’université jésuite avec son église, des hôtels du Chapitre...

Mes souvenirs jusqu’à l’âge de quatre ans sont donc logés à une adresse précise, le 9
(changé depuis) de la rue Liebermann. La topographie m’est restée avec une étonnante précision. Un complexe de bâtiments ayant abrité, avant la guerre 14-18, la sous-préfecture qui, depuis, avait émigré extra muros. Nous habitions le premier étage d’une longue bâtisse, à gauche en entrant dans une grande cour. Papa y avait également son étude. A droite, une imposante maison, ancienne résidence du sous-préfet. Au fond de la cour, les obscures écuries témoignaient d’un mode de déplacement révolu à l’âge des Bugatti qui se construisaient à l’autre bout de la ville. Enfin, prolongeant la cour au fond à droite, un grand jardin clôturé. Mon ‘Eden’ inoubliable. Les cloisonnements entre propriétés étaient inexistantes à l’époque, et c’était pour mon bonheur. Quel fascinant univers pour le petit explorateur !

Curieux ! Tous les souvenirs de ma petite enfance baignent dans le soleil. Il y fait toujours beau. Comme si, en Alsace, il ne pouvait y avoir ni jour de pluie ni hiver de neige !

Seul garçon dans la famille, je ne peux pourtant pas dire que j’étais fils unique ! Cinq sœurs vont me suivre. Marianne, l’année suivante, en janvier 1932. Blandine en janvier 1934. Céline naîtra à l’époque charnière du déménagement en juillet 1935. Elle déborde donc dans l’autre période dont je ne parle pas ici et sur laquelle des volumes resteraient à écrire ! Quant à Odile et à Guido, mes ‘petites’ sœurs, elles naîtront encore bien plus tard.

Quid de l’incontournable ‘jalousie’ ? Je ne suis pas sûr qu’elle m’ait beaucoup affecté, tant reste fort en moi le souvenir d’une grande joie près de chaque berceau. Trop ravi aussi, je dois bien l’avouer, que Maman et Papa aient enfin quelqu’un d’autre à dorloter. Aussi loin que remontent mes souvenirs j’avais toujours horreur d’être dorloté. Je voulais être ‘grand’ !

C’est déjà dans la Bible. Les actes de rébellion sont fondateurs. C’était au cours d’une de ces promenades qu’affectionnait Maman, hors les vieux murs d’enceinte, en passant par la porte des Forgerons, dans l’Allée Carl. Cet après-midi-là, le soleil était radieux. La petite Marianne dormait dans sa voiturette. Maman venait de m’appeler affectueusement ‘mon petit bonhomme’, ‘mannele’ en alsacien, ce qui fait encore plus gentil. Je tape du pied : “Je suis pas un ‘mannele’ !” La réaction est d’une audace extrême. Je me mets à courir, me retourne et ose. De tous mes poumons je lance : ‘Manène’ ! Ça voulait dire ‘Madeleine’, le prénom de Maman que seul Papa avait le droit d’employer, et qui dépassait mes possibles linguistiques. Encore aujourd’hui je ne peux pas ne pas entendre très fort ce retentissant ‘Manène’ protestataire du petit rebelle.

Cette horreur, déjà, du virtuel et ce sens de réel... Je crachais très tôt la tétine-sucette. Mon biberon par contre... Je le vois encore, ‘mon’ biberon, celui de l’aîné, le plus ‘plein’ des deux, aligné à côté de celui de ma sœur plus jeune d’un an. Je me revois, arpentant les lieux avec la bouteille haut levée, biberonner à qui mieux mieux.

Il tenait du patriarche ou du prophète ou de Dieu le Père lui-même. Avec sa grande barbe et son âge vénérable. Monsieur Materne habitait la grande maison de l’autre côté de la cour. Il devait être à la retraite. J’avais l’audace et le privilège d’importuner cet homme grave quand je voulais et ne m’en privais pas. Toujours souriant, il semblait prendre autant de plaisir que moi à ces rencontres quotidiennes. Vaste était son savoir et grande sa joie de le partager. Il lui arrivait quand même parfois, très gentiment, de me ramener à la maison, épuisé par l’insatiable appétit du petit questionneur.

Combien de fois, depuis, ne me suis-je pas demandé si ce n’était pas lui, monsieur Materne, qui m’a communiqué le goût, la méthode et surtout la joie extrême que je prends à accompagner l’éveil des intelligences enfantines.

Le paradis était tout près. Juste au fond de la cour, derrière cette petite porte peinte en blanc. Mon Eden. En fait il appartenait à monsieur Materne mais pour moi cela ne faisait aucune différence. Ce merveilleux jardin avec ses allées, son bassin, ses poissons rouges, ses fleurs, ses arbres, et, tout au fond, perdu dans la verdure, cet étrange monticule construit sur une sorte de caverne et surmonté d’une tonnelle, véritable ‘montagne’ pour le petit que j’étais, et dont la magie hantait inlassablement mes rêves. Le buis qui bordait chacune des allées avait à peu près ma hauteur ce qui faisait comme un labyrinthe dans lequel je risquais de me perdre. Pour mon plus grand plaisir. Ah ! ces senteurs de buis ! Je les respire encore. Si variées et si différentes à chaque heure de la journée...

Les matins de Pâques. Pourquoi sont-ils toujours si lumineux et un peu glacés de froide rosée ? Je revis plus particulièrement mon tout premier. Lorsque, avec ma toute petite sœur Marianne, habillés de neuf comme il se devait ce jour-là, nous ne cessions de pousser des cris de joie en découvrant l’un après l’autre les œufs coloriés pondus par le Lièvre dans notre grand jardin.

Le petit chat miaulait à me fendre l’âme. Il s’était fait prendre derrière la grille d’un trou d’aération, à droite du perron, et je restais là, impuissant à l’en délivrer. Finalement les hommes du métier lui ont rendu la liberté, et à moi un immense soulagement.

Micheline... Le nom de cette petite fille de mon âge chante encore avec la même allégresse en moi. Elle n’était pas faite pour être simplement camarade ou amie. Elle était faite pour hanter le rêve...

Pourquoi étais-je tellement fasciné par la
verticale et le suis-je toujours ? Le grand escalier en bois me captivait. Je m’y revois encore, peinant, soufflant, salivant, escaladant à quatre pattes ces marches impossibles et merveilleuses qui me mènent, tout en-haut, en ce ‘royaume’ de mes rêves et de mes aventures qu’était notre grand grenier. Là j’étais vraiment chez moi. Dieu seul sait combien de ‘trésors’ j’ai pu secrètement planquer en ces recoins qui me semblaient inviolables pour l’éternité.

J’ai dû parfois me démener en diable pour soulever tant de poussière ! Je me revois, le moment d’après, émerveillé par la ronde de mille corpuscules qu’un rayon de soleil, tombant d’un vasistas haut perché dans la charpente, fait danser si joyeusement.

Un autre jour je ne résiste pas à la tentation de jouer les assiégés en catapultant, par ce même vasistas resté ouvert, tous les morceaux de bois qui me tombaient sous la main. Très vite, en bas, dans la cour, des cris. Et très vite encore, dans la cage d’escalier, une cavalcade montante. Toute résistance devenait inutile. Le vaillant chevalier s’est rendu, ce jour-là, sans gloire...

Aux antipodes de ces hauteurs ouraniennes me fascinaient les profondeurs chthoniennes. Non pas pour y rester durant des heures, comme au grenier. Un court instant seulement, suffisant pour sentir passer dans mon échine ce petit frisson qu’invariablement j’éprouvais en pénétrant dans l’obscure cave sauvée de la nuit totale seulement pas une minuscule lucarne.

Et puis ce plaisir de creuser. Un tout petit bout de terrain vague, le long d’une murette, au fond de la cour, devenait mon champ de fouilles. Humant avec volupté l’odeur un peu âcre de la terre remuée, trouant les strates de dépôts divers, aux teintes différentes, j’allais de trouvaille en découverte. Chaque vestige récolté ne pouvait qu’apporter ample matière première à ma délirante imagination.

Autre lieu exotique du petit aventurier, l’étude de Papa. Un monde qui m’en imposait par le ‘sérieux’ qui imprègne les affaires des grandes personnes. Cela ne devait pas m’empêcher d’y venir souvent et, privilège des petits enfants, d’y être toléré un petit moment. Le contenant de mes convoitises se situait à ma hauteur. Sous la table. La corbeille à papier. Elle était immense. Il suffisait de la renverser pour se trouver à l’entrée d’une caverne d’Ali Baba. Et quel plaisir d’y découvrir parfois un ruban usagé de machine à écrire. La joie devenait extrême lorsqu’il était bicolore. Je ne suis plus sûr si Maman, en me revoyant par après, bien ‘coloré’ moi-même, ait aussi intensément partagé mon euphorie.

Dans l’étude de Papa je me souviens en particulier de deux jeunes employés de bureau. Ils aimaient bien me faire ‘marcher’. A tous les sens du mot. Ne vont-ils pas, un jour, me doter d’une jolie petite somme d’argent de leur fabrication ? De très grossières imitations. Mon innocence ne décelait pas encore les contrefaçons. Je revois la drôle de tête du boulanger de la rue voisine chez qui je suis allé fièrement – c’était ma première expédition commerciale autonome ! – ‘acheter’ des bonbons...

La rumeur enflait. Et j’étais l’épicentre de cette rumeur. Un diamant a disparu. Le coupable semblait tout désigné. Pouvait-il être autre que ce petit touche-à-tout entrevu chaque jour sur les lieux du crime ? Il ne s’agissait pas d’un joyau de la couronne mais plus prosaïquement de cet outil servant à couper le verre appartenant à un encadreur. Celui-ci tenait échoppe à l’entrée de notre grande cour et son atelier était pour moi un paradis d’infinies découvertes. A la respectueuse emphase, cependant, avec laquelle ce mot pour moi mystérieux de ‘diamant’ était prononcé, j’ai senti que le crime qu’on m’imputait ne pouvait qu’être énorme. L’artisan a fini par retrouver l’objet égaré. Mais pendant de longues heures il me fallait vivre sous le poids intolérable de l’injuste soupçon. J’ai très tôt appris à ‘tenir’. Même seul contre tous...

Il m’arrivait d’être confié pour quelques heures à la garde de ‘Amaman’ et de ‘Grand-père’ à la rue Saint Georges. Là non plus, ni escalier, ni cour, ni grenier, ni cave, ni remise n’avaient de secret pour moi. Quel forfait avais-je donc commis ou allais-je commettre ce jour-là ? Je me souviens seulement d’une course poursuite. Et vlan, mon pied se prend dans une ferraille. Me voici étalé sur le sol cimenté de la cour. A la vue du sang, ma poursuivante redevient la bonne ‘Amaman’ qui essaye de me consoler et de me gâter du mieux qu’elle peut. Petite perversité de l’enfant... Vous l’avouerais-je ? Allongé sur le canapé, j’ai vite oublié mes bobos en savourant l’embarras de celle qui était chargée de veiller à mon intégrité physique. Le plus puni des deux n’était finalement pas moi.

J’avais reçu en cadeau une petite hachette en bois et voulus l’essayer de suite. Je n’ai rien trouvé de mieux que de hacher menu un chapelet et de le réduire en ses particules élémentaires. La hachette me fut confisquée sur le champ. L’impératif m’est resté. Tu ne commettras pas de sacrilège !

Les énormes bancs de notre église ressemblaient à des fortins munis d’entrées monumentales. Leur volume m’engloutissait littéralement. Tout petit déjà, j’étais là, chaque dimanche, prier avec Papa et Maman. C’était pour moi la reprise au registre solennel de toutes les prières faites durant la semaine en famille. Notre place était juste en-dessous de l’imposante chaire. Je sens encore la parole de Dieu tomber véhémentement sur ma petite tête. Mystérieuse, incompréhensible et interminable. Mais l’acte sacral qui se célébrait loin devant, dans le majestueux chœur, me fascinait.

Ai-je dit oui avant d’être appelé ? Aussi loin que je puis remonter dans ma mémoire, avant même d’en avoir une idée précise, je voulais être ‘prêtre’. Comme une chose infiniment évidente et sûre. Je me revois, encore tout petit, procéder à de secrètes célébrations. Une chaise sert de table d’autel. Dessus, un verre avec un peu d’eau et une soucoupe avec un petit four...

Ce fut une journée d’exception. Un air de fête partout perceptible. Ce dimanche de juillet 1934 oncle Eugène célébrait sa première messe. Nos parents étant pris par les préparatifs, nous fumes confiés à tante Suzanne qui jouait les baby-sitter. Je revois Marianne trottinant docilement à côté du landau de la petite Blandine âgée seulement de six mois. Le déjeuner festif eut lieu dans la salle de fête de la maison paroissiale. Des tables et des tables bien garnies avec beaucoup de monde autour. Enfin le dessert. Perché sur une chaise, tenant le dossier comme font les prédicateurs appuyés sur le rebord de leur chaire, je déclamai devant cette illustre assemblée le premier ‘discours’ de ma vie. C’est Papa qui l’avait composé et me l’a appris. Je sens encore la chaleur et la conviction qui m’animaient. Pouvait-il en être autrement chez ce petit garçon qui rêvait d’accompagner son jeune oncle missionnaire en Afrique ?

La page tournée dans ma mémoire durant l’été de mes quatre ans ouvre sur un nouveau chapitre. Je n’en parlerai pas ici. Simplement un souvenir de la transition. Sur le véhicule de déménagement je vois encore le joyeux berceau de Céline qui allait naître en juillet de cette même année 1935. En même temps la grande inquiétude du petit garçon qui se fait d’infinis soucis pour son trésor le plus précieux. Comment le transporter sans dommage du grenier de la rue Liebermann au grenier de la rue Saint Georges ? Un vieux mouvement d’horlogerie. Cette passion déjà pour les roues dentées et les articulations mécaniques..


Epilogue. Mai 2001.

Ce fut un moment incroyablement émouvant. Je me suis retrouvé dans ‘mon’ jardin où je n’étais jamais retourné depuis 66 ans. Grand avait été mon désir de le retrouver. Grande aussi l’appréhension d’une possible déception. Eh bien, ce fut absolument merveilleux. Le cœur du petit garçon a pu y gambader de nouveau avec allégresse. Ma lettre de l’année dernière avait aussi atteint les actuels maîtres des lieux de la rue Liebermann qui n’ont pas tardé à me répondre avec une très amicale invitation. J’ai pu réaliser mon rêve en mai dernier. Une très belle soirée, avec un beau soleil et le sourire des anges du paradis, Christiane et Bernard. J’ai retrouvé mon Eden comme si je ne l’avais jamais quitté. Etonnante surprise. Aussi bien l’architecture d’ensemble que des centaines de détails, grands et minuscules, parfois seulement des vestiges, me parlaient de tant et tant de choses. Après de si longues années ! Son ‘âme’, surtout, était là, identique à elle-même, souriante comme au premier jour.

 

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G.Eschbach@meta-noia.org