Soif d’eau vive



Nous disons avec saint Augustin: “Seigneur, tu nous a fait pour Toi, et c'est pourquoi notre cœur est dans une continuelle inquiétude tant qu'il ne repose pas en toi.” (55)


Si quelqu'un a soif... Qu'est-ce donc que cette soif ? C'est tout simplement ceci: quand le saint Esprit vient dans l'âme et y allume un feu d'amour, un brasier d'amour, qui provoque dans l'âme un incendie d'amour. Du feu de cet incendie jaillissent alors des étincelles d'amour qui provoquent une
soif de Dieu, un amoureux désir de Dieu. (11)


Ce désir se manifeste
sous une triple forme, chez trois sortes de personnes, très différentes les unes des autres. La première forme se trouve chez les commençants, la deuxième chez les progressants, la troisième chez ceux qu'on appelle parfaits, pour autant que la perfection soit possible en cette vie. (11)


Il y a dans l'âme, en son fond, une étincelle dont Dieu, qui cependant peut tout, ne peut pas éteindre la soif, si ce n'est qu'en se donnant soi-même.
Cette soif est en elle de par sa nature. Voilà le fond que gâtent ces hommes corrompus; voilà la soif qu'ils étouffent, pour ensuite ouvrir toute grande la bouche, comme s'ils croyaient pouvoir se rassasier de vent. (36)


Ah! qu'elle y est douce et fraîche et limpide, de même que
toute eau vive est plus douce, plus fraîche et plus limpide à sa source, avant que, devenue rivière, elle n'ait perdu fraîcheur et saveur. Ah! quelle eau vive, fraîche et délicieuse l'âme ne reçoit-elle pas à sa source! (11)


Il y a ceux qui reçoivent une pierre au lieu de pain. C'est-à-dire
un cœur dur comme la pierre. Dur, sec, froid, éteint, sans dévotion et sans grâce. Ils lisent rapidement les livres, les uns après les autres, mais n'en éprouvent aucun goût, n'y réfléchissent pas, ne ressentent pour les lire aucun désir ni aucune soif. (17)


Cherche un refuge en Dieu. De même que le cerf, après avoir été chassé, a soif, de même toi, cours tout bonnement devant toi et laisse s'allumer en toi une nouvelle soif de Dieu.
C'est pour cela que tu es chassé. (31)


Vous voulez toujours posséder en même temps Dieu et les créatures et c'est impossible. Jouir à la fois de Dieu et des créatures, quand bien même tu pleurerais des larmes de sang, c'est
impossible. (55)


Cette petite chose t'enlève ton grand Dieu et empêche l'aimable enfantement qu'il voulait tellement accomplir en toi. (55)


En vérité,
Dieu nous désire comme si tout son bonheur et même toute sa raison était en nous. (65)