La nature tordue



L'homme, en effet, qui n'a pas l'amour de Dieu et qui vit encore selon la nature, aurait beau faire, si c'était possible, toutes les bonnes œuvres que le monde a jamais faites, il n'en serait pas moins complètement oisif, occupé à une œuvre vaine qui ne servirait absolument à rien. (7)


Mais voilà que des
raisonneurs s'en viennent avec leurs lumières naturelles. Et avec cette lumière naturelle ils regardent à l'intérieur, dans leur fond mis à nu, vide et sans image, et ils jouissent là de leur lumière naturelle comme d'un bien qui leur appartiendrait et comme si c'était Dieu lui-même. Ce n'est là, cependant, rien d'autre que leur nature elle-même. (43)


C'est bien dans la ligne de sa nature que l'homme veuille toujours faire la leçon aux autres et rarement se corriger lui-même. Ce
jugement meurtrier se retrouve en toute occasion. Il s'accompagne dans le cœur et dans le fond d'un sentiment de profond mépris qui se traduit parfois au dehors dans la conduite et dans les paroles. (27)


Voyez, mes très chers enfants, comme
cette nature empoisonnée, repliée sur elle-même, s'insinue adroitement partout et cherche en toutes choses son repos et ses aises. Dans les choses spirituelles mille fois plus encore qu'ailleurs. (24)


En conséquence du poison que la faute originelle a mis dans la nature, celle-ci est en toutes choses
repliée sur elle-même. (23)


En cette jouissance et en ces impressions,
la nature se replie sur elle-même avec satisfaction; elle s'arrête à elle-même et, pente naturelle chez l'homme, s'abandonne à cette euphorie. (24)


Enfants, ne vous laissez pas impressionner.
Tout ce que la nature donne, elle le reprend. Et tout ce que le Christ donne, il le reprend. (14)


Tant que l'homme est en vie,
ce mauvais fond n'est jamais tué ni tout à fait vaincu. L'on a toujours encore à faire à lui. C'est là un gros obstacle à ce que nous revenions à la vraie lumière et à notre origine. (10)