Souffrance



Tu dois laisser Dieu te chercher, te presser et te réduire à rien, jusqu'à ce que tu apprennes à rester humble en toute circonstance. Peu importe d'où te vienne et par qui te vienne l'humiliation. Laisse-toi seulement trouver sous les épreuves de toutes sortes qui t'arrivent de n'importe où et de n'importe qui. Quel que soit l'affront, quelle que soit l'humiliation, reçois-les seulement comme venant de Dieu. C'est lui qui, par là, te cherche. (36)


Demeure en cette épreuve sans aucune anxiété. Après les ténèbres viendra la clarté du jour, l'éclat du soleil. Prends garde, comme si ta vie était en jeu, de ne t'appliquer à rien d'autre qu'à attendre. En vérité, si tu t'en tiens à cela, la naissance est proche et c'est en toi qu'elle va se produire. (41)


Quoi qu'il arrive du dehors ou du dedans,
laisse tout cela te torturer jusqu'au bout. Ne cherche aucune consolation. Dieu te délivrera sûrement. Affranchis-toi donc de ce souci et confie-le lui entièrement. (41)


Après tous les progrès de cet homme noble,
il est encore bien possible que l'Ennemi lui suscite les plus immondes et les pires tentations et de la manière la plus pénible dont elles puissent affecter l'homme. Mais elles ne font qu'élever l'homme à un degré inimaginable qui dépasse toute mesure. (52)


Se tenir au milieu des tentations est pour cet homme pur une source de grande amertume. Pourtant
son humaine perfection s'y affirme et il s'en va ainsi à la vie éternelle. (28)


Il y en a beaucoup qui disent: "Oui, si j'étais pur et sans péché, ne les ayant pas méritées par mes fautes, ces souffrances pourraient m'être utiles." Eh, bien! sache-le,
un homme coupable et pécheur peut souffrir de la façon que j'ai dite, et cela de telle sorte que ses souffrances lui soient plus utiles et plus profitables qu'à maint autre qui serait sans péché! (60)


Il te vient ainsi maintes angoisses que l'Ennemi suscite en toi. Tout cela est l'effet d'une tristesse désordonnée. Finalement l'Ennemi porte l'homme au désespoir en lui disant: "Tout est perdu." Que faire alors? Déposer en Dieu toute ton inquiétude.
Jette ton ancre en Dieu. (35)


Certaines personnes progressent particulièrement dans la souffrance.
Notre Seigneur les exerce et tout leur entourage les exerce aussi. Dans une communauté où il y a peut-être une ou deux de ces personnes, toutes les autres les exercent par des manières et des paroles dures, les frappant comme à coups de marteau. (70)


Ils disent que tu es complètement à côté du droit chemin et qu'ils ont, eux, beaucoup d'expérience, entendu de grands prédicateurs, et sont tout à fait bien au courant. Alors, tu ne sais plus que faire, ni où te tourner. Allons, supporte cela patiemment,
abandonne-toi. (70)


Autrefois c'étaient les païens qui martyrisaient les saints. Maintenant, cher enfant,
ceux qui te martyriseront sont des gens qui paraissent saints. (70)


Dieu est mille fois plus appliqué qu’un peintre de génie à déterminer comment, par les multiples coups de pinceaux de la souffrance et les multiples couleurs, il amènera l'homme à la forme qui lui plaît le plus. (3)


Il y a de ces personnes qui ressentent en elles des souffrances si surprenantes, une myrrhe si inhabituelle, qu'il n'est guère d'homme qui puisse se diriger en pareil trouble. Mais
Dieu sait bien où il veut en venir. (3)


Oui, la plus petite comme la plus grande souffrance que Dieu laisse tomber sur toi
vient du fond de son ineffable amour. Si seulement tu voulais les accepter. (3)


La pauvre nature se sent si mal qu'elle
se met souvent à gigoter comme un enfant qu'on sèvre. Elle est alors tellement démunie, qu'elle n'a même plus les moyens de jeter un regard sur ce phénomène intérieur. Bien plus, elle ne peut même plus avoir ni la moindre pensée, ni le moindre désir, ni la moindre intention. Elle ne peut donc même pas offrir à Dieu cette pauvreté. Elle se trouve suspendue dans la non-connaissance. (76)


Eh bien! comment finit cette souffrance ? Où aboutissent ces personnes avec leur dépouillement et leur oppression ? Ah, mes enfants, quelle fin délicieuse ! Elles sont
unies à Dieu et transformées en lui. (31)


A l'homme déiforme, que reste-t-il ? Il lui reste
une âme pleine de Dieu et un corps plein de souffrances. (52)


Et cependant, mes enfants, ces hommes sont en meilleure situation qu'on ne peut le comprendre et le concevoir.
Un tel homme devient alors un homme si profondément humain. (41)