Abîmé dans l’Abîme divin



L'esprit s'abîme au point de perdre toute pensée distincte. Il ne fait plus qu'un avec la douceur divine si bien que son être est tout pénétré de l'Etre divin et qu'il s'y perd comme une goutte d'eau dans un grand fût de vin. (7)


Ils se sont détournés d'eux-mêmes et de toutes choses pour se tourner vers la vraie lumière. Ils ont reflué dans leur origine pour fusionner avec lui, au milieu du calme silence intérieur de toutes leurs facultés.
Ils se sont précipités dans les ténèbres de la divine solitude qui est au-delà de toute intelligence. (75)


Mieux vaut sentir tout cela que de l'exposer. (29)


Comment, en effet, quelqu'un pourrait-il se représenter et comprendre pareille chose? L'esprit lui-même ne la comprend pas. Car il est si bien
fondu dans l'abîme divin qu'il ne sait, ne sent et ne goûte rien que Dieu tout seul, pur, absolu, simple. (21)


Et l'esprit est d'autant plus inondé et supérieurement transformé par l'esprit de Dieu qu'il a suivi plus régulièrement et avec plus de pureté ce chemin, et qu'il a mis plus exclusivement son intention en Dieu.
Dieu se répand alors en lui comme le soleil naturel répand sa lumière dans l'air et que l'air devient lumière de part en part. (70)


Il est ensuite élevé dans un autre ciel
jusqu'à l'essence divine. Là, dans ce ciel, l'esprit perd si bien tout qu'il s'y perd lui-même et s'y abîme entièrement. Ce qui lui arrive alors, ce qu'il éprouve, ce qu'il goûte, ce qu'il ressent, personne ne peut le dire ni l'imaginer ni le comprendre. (21)


Ce faisant, ils s'élancent si haut que dans leur union avec Dieu ils
perdent toute conscience distincte, se perdent eux-mêmes et perdent toutes choses, et n'ont plus conscience de rien que de Dieu, ce Dieu simple et sans mélange en qui ils sont plongés. (75)


Tant qu'ils sont en cet état, tout va bien pour eux et ils ne s'égarent pas. Mais quand ils reviennent à leur raison, celle ci est incapable de saisir ce qui vient de se passer. Elle ne le comprend pas parce que cela la dépasse tout à fait. Cela est
au-delà de ses possibilités. (75)


L'homme est ainsi vraiment
suspendu entre ciel et terre. Par ses facultés supérieures il est élevé au-dessus de lui-même, au-dessus de toutes choses et il habite en Dieu. Mais dans ses facultés inférieures, il est abaissé au-dessous de toutes choses. (21)


Ce faisant, ils s'élancent si haut que dans leur union avec Dieu ils perdent toute conscience distincte, se perdent eux-mêmes et perdent toutes choses, et
n'ont plus conscience de rien que de Dieu, ce Dieu simple et sans mélange en qui ils sont plongés. (75)


Te perdre toi-même en te dépouillant pleinement de ta propre forme! Il ne reste plus alors, dans cet évanouissement, qu'
un fond qui se tient essentiellement par soi-même, une essence, une vie, une transcendance... (64)


Ah!
ne demeurer là qu'une heure, un seul instant, ce serait mille fois plus utile et plus agréable à Dieu que de demeurer quarante ans dans les pratiques de son choix. (7)


C'est le signe d'un excellent homme d'avoir toute son activité réglée comme on désire qu'elle le soit au jour où le corps sera enfoui dans la terre, pour que l'âme soit ensevelie dans l'abîme sans fond de la Divinité.
C'est pour cela seulement que nous sommes dans le temps. Si nous le ratons maintenant nous l'aurons raté pour toujours. (72)