Emotion spirituelle

 

Face au sublime, face au mystère, face à la mort, face à la grâce, face à ce qui le dépasse absolument, l’homme expérimente sa transcendance avec toutes les fibres de sa totalité pneumato-psycho-somatique. Dans l'émotion spirituelle si spécifiquement humaine, la transcendance traverse tout l’humain et le fait vibrer dans sa verticale. Qu’est fondamentalement le ‘fascinosum’ et le ‘tremendum’ de l’expérience du ‘sacré’, sinon un retentissement en très grande profondeur ‘charnelle’ d’un infini ? Ce qui retentit ainsi dans les profondeurs de nous-mêmes, n’est pas de l’ordre de la sentimentalité. Ce n’est pas non plus de l’ordre de la logique ni de celui de la raison. Nous nous expérimentons béants sur le mystère d’un autre ordre.

L’
émotion est de l’ordre de la vibration. Avec ses longueurs d’onde et ses harmoniques. Comme ce qui fait résonner un instrument de musique, Ici, il s’agit de la ‘vibration’ de l’être humain dans ses profondeurs. Le retentissement somato-psycho-pneumatologique de l’unité corps-âme-esprit de l’homme.

Une unité absolument spécifique et si éloignée de l’animal. Car, ici, le retentissement joue plus à la verticale qu’horizontale. La différence ‘spécifique’ s’appelant ‘esprit’.

Qu’est-ce que l’esprit ? L’esprit ne se définit pas. Mes possibilités intellectuelles ne peuvent pas en faire le tour. C’est lui qui me définit et m’englobe...

L’esprit est nu. L’esprit est un ‘rien’ qui est tout. Il n’a pas de matière, pas de substance, pas de dimension spatio-temporelle, pas de détermination. L’esprit est
béance et ne peut être appréhendé qu’en béance.

Où se trouve l’esprit ? A une telle question on ne peut répondre: coupez le cerveau en aussi petites portions que vous voulez, jamais vous ne trouverez un quelque chose qui pense ! Vous ne trouvez jamais que l’organe – le hardware – qui supporte et assure le fonctionnement de l’exercice de l’esprit.

L’esprit est ‘entre’. Entre les parties et les articulations corporelles. L’esprit est ‘hors de’. Il est partout et nulle part. Il est
à travers le corps. Il traverse le corps verticalement. Il le traverse dialectiquement.

La résonance de l’esprit dans ‘mon’ corps s’appelle ‘personne’. Et la personne s’identifie avec mon ‘cœur’.

Le ‘cœur’ fait résonner
charnellement la totalité spirituelle de l’homme. Ceci prend une singulière pertinence dans l’
émotion profonde. Par exemple dans ce qu’on peut appeler une ‘sainte colère’. Lorsque ça déborde et explose...

Ce n’est pas le corps mais l’esprit qui proteste véhémentement face à une injustice ou une valeur bafouée. Mais le corps s’y reconnaît comme l’absolu complice de l’âme en révolte.

Face au sublime, face au mystère, face à la mort, face à la grâce, face à ce qui le dépasse absolument, l’homme expérimente sa transcendance avec toutes les fibres de sa totalité pneumo-psycho-somatique.

Dans l’émotion spirituelle, si spécifiquement humaine, la transcendance traverse tout l’humain et le fait vibrer dans sa verticale. Qu’est fondamentalement le ‘fascinosum’ et le ‘tremendum’ de l’expérience du ‘sacré’ sinon un retentissement en très grande profondeur ‘charnelle’ d’un infini ?